C’était au cours de l’atelier stratégique d’élaboration de la feuille de route du système éducatif de la province de Lomami que l’intervention de M. Musongo Gidiata a profondément marqué les travaux, en apportant une lecture structurée et sans complaisance des enjeux actuels du secteur.Une gouvernance éducative à refonder sur la rationalité et la performance
L’intervenant a mis en lumière l’impératif d’une gestion administrative épurée, affranchie des lourdeurs bureaucratiques. Il a plaidé pour une architecture institutionnelle cohérente, limitant les chevauchements de compétences, tout en renforçant les capacités des gestionnaires. Cette dynamique doit être soutenue par un dispositif rigoureux de suivi-évaluation, fondé sur des indicateurs de performance fiables.Vers une démocratie scolaire inclusive et collaborative
Au cœur de la réforme proposée se trouve la promotion d’une gouvernance participative. Celle-ci rompt avec le modèle vertical classique en intégrant activement parents, communautés et acteurs locaux dans les processus décisionnels. L’objectif est de bâtir un management collaboratif où chaque partie prenante contribue à l’amélioration du rendement scolaire.

Le défi persistant de la collégialité pédagogique
Cependant, cette ambition se heurte à des résistances structurelles. La culture d’isolement professionnel des enseignants et les difficultés des chefs d’établissement à animer efficacement les organes de gestion limitent l’émergence d’un véritable esprit d’équipe. La transition vers une culture collaborative demeure ainsi un enjeu central du pilotage scolaire.
Des failles systémiques à trois niveaux
L’analyse a révélé des dysfonctionnements imbriqués : au niveau supérieur (affectations peu transparentes, insuffisance d’inspection), au niveau périphérique (faible implication des parties prenantes) et au sein même des établissements (déficit de leadership). Une décentralisation maîtrisée est préconisée, faisant de l’école un véritable pôle de décision, en cohérence avec les orientations nationales.

La coordination, clé de voûte de l’efficacité
Enfin, la coordination est apparue comme le levier stratégique majeur. À travers des outils tels que les plans sectoriels et les projets d’établissement, elle assure l’harmonisation entre les niveaux de gouvernance. Une coordination efficiente permet non seulement d’optimiser la gestion, mais aussi d’adapter l’offre éducative aux réalités locales.
Ezaboto Yombue
