
Willy Ngoma, porte-parole militaire des rebelles de l’Alliance Fleuve Congo / Mouvement du 23 mars (AFC/M23), a été tué tôt ce mardi 24 février aux alentours de la cité de Rubaya, dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu.
L’information a été confirmée à Radio France Internationale (RFI) par un responsable de la rébellion, mouvement accusé par Kinshasa d’être soutenu par Rwanda.Le mouvement rebelle affirme que les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) auraient multiplié les attaques au Nord et au Sud-Kivu au cours des dix derniers jours.
Parmi les axes évoqués figure notamment Rubaya, zone stratégique du territoire de Masisi, réputée pour abriter un important gisement de coltan.
*Une figure centrale et controversée*
Figure majeure de la rébellion, Willy Ngoma était devenu le visage médiatique du mouvement. Toujours vêtu de treillis, kalachnikov en bandoulière, il apparaissait régulièrement en première ligne lors des prises de localités par l’AFC/M23.
Il se mettait en scène dans des lieux emblématiques – aéroports, monuments, marchés – et animait des meetings en swahili afin d’afficher une proximité avec les communautés locales.
En lingala, il diffusait également des messages à tonalité moqueuse visant les FARDC.On le voyait aussi interroger face caméra des militaires congolais capturés.
En janvier 2025, à Goma, il avait été filmé humiliant des mercenaires présentés comme soutiens de l’armée congolaise.Sous sanctions internationales.
En décembre 2023, les États-Unis avaient imposé des sanctions contre Willy Ngoma, l’accusant de jouer un rôle au sein de l’AFC-M23 dans de graves violations des droits humains, notamment des meurtres et des violences sexuelles contre des civils. Washington citait en particulier des faits survenus en novembre 2022 à Kishishe, dans le Nord-Kivu — accusations que la rébellion a toujours rejetées.
Il avait également été sanctionné en 2022 par le Conseil de l’Union européenne, qui estimait que, du fait de ses fonctions dirigeantes au sein d’un mouvement soutenu par Kigali, il contribuait à l’instabilité et à l’insécurité en RDC.
Son nom s’ajoute désormais à ceux d’autres cadres et alliés du mouvement tués lors de frappes de drones, parmi lesquels Élisée Mberabagabo, dit Castro, et Michel Rukunda, alias Makanika, présenté comme chef du groupe Twiraneho, allié de l’AFC/M23.
Rédaction
