Lomami sous perfusion : Le Député Provincial Hippolite Kabango fissure l’omerta de l’État, dénonce le fiasco des projets et appelle Félix Tshisekedi à veiller sur la Province

Dans une sortie d’une rare intensité, le Député Provincial élu de Kabinda Territoire et Vice-président de l’Assemblée Provinciale de Lomami, Hippolite Kabango, a livré une lecture implacable de la situation socio-économique de la Province, qu’il estime abandonnée par le pouvoir central depuis le démembrement territorial de 2015. Intervenant lors d’une matinée politique depuis Kinshasa, face à la presse, l’élu s’est montré chirurgical, méthodique et sans concession.‎

D’entrée de jeu, le constat est brutal : la promesse du développement à la base, censée accompagner la création des nouvelles provinces en République démocratique du Congo, s’est diluée dans une réalité austère. Selon lui, la Lomami n’a jamais bénéficié des moyens essentiels à son décollage : absence chronique des frais de fonctionnement, inexistence des fonds d’investissement, et un désert quasi total en matière de financement public des projets. Pendant que d’autres provinces capitalisent sur des acquis historiques et des infrastructures héritées, Lomami, elle, navigue à vue, dépourvue de socle institutionnel solide.‎‎

L’élu enfonce le clou en dressant un réquisitoire cinglant contre les grands programmes gouvernementaux. Tshilejelu, les 100 jours et le programme des 145 territoires : pour lui, ces initiatives n’ont laissé que des traces inachevées dans la Province. Aucun projet n’aurait atteint un niveau d’exécution satisfaisant, alimentant ainsi frustration et désillusion au sein de la population. Une situation qu’il qualifie, sans détour, de « fiasco structurel ».‎‎

Au cœur de son intervention, une série de questions incisives, presque accusatoires : qui filtre l’information destinée au Chef de l’État ? Pourquoi les besoins réels de la Lomami n’atteignent-ils pas les sphères décisionnelles ? Y a-t-il sabotage interne ? Derrière ces interrogations se dessine une thèse lourde : certains acteurs proches du pouvoir central travailleraient, consciemment ou non, à ternir l’image du Président Félix Antoine Tshisekedi en étouffant les attentes légitimes de la Province.‎

Dans un ton empreint de gravité, il lance un appel solennel au Chef de l’État : regarder la Lomami, sentir sa détresse, et y imprimer sa marque. L’élu plaide pour une équité territoriale visible, notamment dans le secteur de l’enseignement supérieur. Il exhorte à la construction d’infrastructures universitaires modernes dans la province, afin de mettre fin à l’exode académique des étudiants vers d’autres horizons mieux équipés. Il insiste également sur la nécessité de surveiller étroitement les mandataires envoyés sur le terrain, afin que chaque projet exécuté honore véritablement la vision présidentielle.‎‎

Interrogé sur le rôle du Professeur Adolphe Lumanu et l’absence supposée de lobbying efficace pour la Lomami, Hippolite Kabango s’est voulu tranchant. Il évoque un environnement de travail miné par des acteurs peu engagés envers le pays, expliquant que même les démarches entreprises n’ont produit aucun résultat tangible. Refusant toute dérive, il souligne que le Professeur Lumanu, homme d’État, n’a jamais cédé à des pratiques déviantes pour contourner les circuits officiels. Il rappelle par ailleurs son rôle historique dans la reconnaissance des chefs coutumiers à travers un arrêté fondateur, socle du système actuel.‎‎

Sur la gouvernance provinciale, Hippolite Kabango nuance sans absoudre : le Gouverneur agit sous contrainte, mais le manque de moyens ne saurait excuser l’insuffisance des résultats. En parlementaire, il se place au-dessus dans sa mission de contrôle, élevant l’Assemblée provinciale en vigie suprême et gardienne de l’intérêt public. La stabilité n’a de sens, dit-il, que si elle reste fidèle à la vision de Félix Antoine Tshisekedi et soumise à l’exigence de reddition.‎‎

En guise de chute, Hippolite Kabango réaffirme son soutien à la dynamique de réforme constitutionnelle, appelant les Congolais à accompagner le Président Félix Antoine Tshisekedi dans cette orientation. Il rejette catégoriquement toute idée de dialogue politique, qu’il considère inopportune dans le contexte actuel. ‎‎‎

Rédaction

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