En l’espace de quelques jours, Serge Nsenga Mukonkole est passé du statut d’enseignant universitaire en activité à celui d’acteur central d’une affaire qui fait grand bruit à Kabinda. Suspendu de l’Université de Kabinda (UNIKAB) le samedi 13 juin dernier, le Chef des Travaux et Président du CONAPES/UNIKAB a été interpellé puis placé au cachot par la Police Nationale Congolaise ce lundi 15 juin, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions au sein de l’institution universitaire.
Joint par notre rédaction, l’intéressé affirme que le mandat à la base de son interpellation évoque des faits de « destruction méchante » et d’« injures publiques ». Toutefois, Serge Nsenga laisse entendre que les véritables enjeux de cette affaire dépasseraient largement les infractions mentionnées dans le document judiciaire. « Mais nous dévoilerons le vrai problème », a-t-il déclaré, une affirmation qui nourrit les interrogations dans les milieux académiques et au-delà.
Selon ses explications, il a passé la nuit dans les installations du sous-ciat PNC Ville de Kabinda. Une information qui intervient alors que son arrestation survient seulement quelques jours après une série de prises de position publiques du CONAPES/UNIKAB contre la gouvernance de l’université. Le syndicat avait notamment dénoncé ce qu’il considère comme des dysfonctionnements administratifs et académiques majeurs, des accusations rejetées avec fermeté par les autorités universitaires.
L’interpellation de celui qui apparaît aujourd’hui comme l’une des figures les plus en vue du mouvement syndical universitaire a immédiatement provoqué une onde de choc au sein de la communauté académique. De nombreux Chefs de Travaux, Assistants et étudiants suivent l’évolution du dossier avec une attention particulière. Plusieurs d’entre eux expriment ouvertement leur solidarité à l’égard du Président du CONAPES et estiment que le climat actuel à l’UNIKAB mérite un débat de fond sur la gouvernance de l’établissement.
Dans les couloirs de l’université comme dans les cercles d’observateurs de la vie académique de Lomami, les analyses se multiplient. Pour les soutiens de Serge Nsenga Mukonkole, cette affaire s’inscrit dans un contexte de confrontation persistante entre une partie du corps scientifique et les autorités académiques. Certains n’hésitent pas à parler d’une tentative d’étouffement des voix critiques, tandis que d’autres appellent à laisser la justice suivre son cours avant toute conclusion hâtive.
Une certitude demeure : l’affaire Serge Nsenga dépasse désormais le simple cadre d’un dossier individuel. Entre suspension administrative, procédure judiciaire, bras de fer syndical et contestation de la gouvernance universitaire, ce dossier cristallise les tensions qui traversent actuellement l’Université de Kabinda. Les prochains développements seront suivis avec une attention soutenue, d’autant que la promesse de révéler « le vrai problème » continue d’alimenter toutes les conversations au sein de la communauté universitaire de Lomami.
Redaction
