La Ville de Kabinda est confrontée à une crise profonde de leadership et de gouvernance, selon le diagnostic présenté par le Doctorant Habacuc KYABU MULENDA lors d’une session organisée à la Salle La Richarde sous l’égide de l’IUDI. Son analyse, illustrée par l’analogie d’un avion incapable de décoller, montre que le sous-développement persistant découle d’un leadership autocratique, politisé et dépourvu de vision stratégique, malgré un cadre légal favorable à l’autonomie locale.
L’étude, menée auprès de 502 acteurs clés issus de l’administration, de la politique et de la société civile, révèle que 90 % des répondants constatent l’absence de planification stratégique et un style de gouvernance autocratique ou laxiste, tandis que 81 % déplorent le manque d’éthique et d’intégrité. Le Doctorant KYABU souligne que cette « dose d’autoritarisme » empêche la mairie d’associer les populations aux décisions, freinant ainsi le développement local.

Sur le plan de la gouvernance, les chiffres sont tout aussi alarmants : 88,8 % jugent les informations budgétaires inaccessibles, 91,5 % dénoncent une faible participation citoyenne, et 90,4 % signalent un niveau élevé de corruption. L’analyse financière des exercices 2018-2021 révèle que seuls 25,89 % des dépenses ont été consacrés à l’investissement, alors que 74,13 % ont été absorbés par le fonctionnement, en violation flagrante de la LOFIP.
Les interventions de l’auditoire ont confirmé le diagnostic. Le DG de l’ISTIA Kabinda, Senghor NSENGA NSENGA, a critiqué la politisation des nominations, tandis qu’Augustin KITENGIE alias Haut Sommet a rappelé que « la population paye les taxes », mais que la mauvaise gestion et le manque de transparence expliquent le déficit de résultats. Députés, Ministres, enseignants et représentants de la société civile ont reconnu l’urgence d’un redressement et la nécessité de réformes structurelles.

Pour y remédier, le Doctorant KYABU propose deux axes stratégiques : renforcer le leadership, l’éthique et la planification, puis restaurer la gouvernance, le contrôle et la lutte contre l’impunité. Il recommande notamment la mise en place d’un Tableau de Bord Citoyen et l’organisation de forums publics annuels de redevabilité. Selon lui, Kabinda ne pourra décoller qu’en remplaçant l’autoritarisme et la politisation par la compétence, la transparence et la participation citoyenne.
Ezaboto YOMBUE
