À Kabinda, chef-lieu de la province de Lomami, la question de la taxe de numérotation s’est transformée en véritable enjeu de gouvernance locale, révélant les tensions sous-jacentes dans la gestion des recettes publiques. Dans un contexte de redéfinition des compétences fiscales, la Mairie s’est imposée au centre du dispositif de recouvrement.
Les bourgmestres des communes de Mudingayi, Kabondo, Kajiba et Kabuelabuela ont, dans une démarche coordonnée, jugé nécessaire de confier la perception de cette taxe à la Mairie de la ville. Selon eux, la mobilisation efficace des recettes exige une centralisation technique et une meilleure organisation budgétaire afin de renforcer la performance fiscale locale.
C’est dans cette logique que la Mairie de Kabinda s’est positionnée comme l’organe moteur de la discipline financière urbaine. Le Maire Anne-Marie Tshabu Tshitengie estime que cette mesure ne relève ni d’un abus ni d’une improvisation, mais d’une exigence de bonne gouvernance visant à corriger les faiblesses structurelles du recouvrement communal.
Cependant, cette décision a suscité des réactions au sein de certains milieux communaux, notamment chez les conseillers, qui dénoncent un manque de communication et une confusion dans la répartition des compétences fiscales. Pour eux, la question touche à l’équilibre institutionnel entre la ville et les communes.
Face à ces critiques, l’autorité urbaine maintient une ligne ferme et considère que la controverse découle avant tout d’un déficit d’information et de compréhension des mécanismes de gestion des recettes publiques. Elle appelle ainsi à une lecture plus rigoureuse des impératifs fiscaux actuels.
Dans une posture assumée, le Maire Anne-Marie Tshabu Tshitengie réaffirme que cette réforme vise avant tout à renforcer la culture fiscale et à doter la ville de moyens plus efficaces pour son développement. La validation de cette orientation par l’autorité provinciale vient, selon ses soutiens, conforter la légitimité de cette dynamique de centralisation et de redressement administratif.
Ezaboto YOMBUE
