Dans une Province où chaque kilomètre de route dessine une promesse de survie économique, le Cadre de Concertation de la Société Civile de Lomami a déployé une mission de suivi d’une intensité rare sur la Route Nationale n°2. Regroupant structures citoyennes, réseaux de jeunes, organisations féminines et ASBL, cette délégation s’est dressée en vigie inflexible pour confronter les discours à la réalité du terrain, là où la poussière et la boue trahissent les lenteurs d’un projet pourtant vital.
À Kabangu, première escale de cette descente, le constat a résonné comme une dissonance criante. Tandis que l’entreprise CJIC invoque la tyrannie des pluies pour justifier le ralenti, la comparaison avec le tronçon J1 (Nkuadi–Katoka), où les travaux affichent une cadence plus visible, attise l’exaspération populaire. Ici, l’attente n’est plus silencieuse : elle gronde, nourrie par le contraste entre promesses techniques et réalité perceptible.
Cap ensuite sur la base stratégique de Katoka, cœur battant du tronçon J2 (Katoka–Ejimba), où les échanges ont levé un coin du voile sur les contraintes opérationnelles. Entre les défis logistiques liés à l’acheminement des matériels depuis Matadi et les spécificités techniques notamment, l’absence de moellons sur la J2, l’entreprise a tenté de rétablir une lecture plus nuancée de l’avancement.
Encadrés par le Coordonnateur Augustin KITENGIE dit Haut Sommet et portés par la voix incisive du porte-parole Sylvain Mpungue, les acteurs de la société civile ont exigé des garanties, obtenant l’engagement d’une accélération des travaux, en particulier sur la J1, afin de rattraper le temps perdu.
Mais au-delà des explications techniques, la Société Civile de Lomami campe sur une ligne de fermeté lucide : comprendre n’est pas capituler. Dans une Province où la RN2 incarne l’artère du développement, toute lenteur prolongée devient une entrave au destin collectif. Vigilante, structurée et résolument engagée, elle s’érige en trait d’union entre populations, décideurs et exécutants, rappelant que derrière chaque chantier en suspens, il y a un peuple en attente de dignité et de mobilité.
Redaction
