Le diagnostic in situ de Habacuc KYABU n’était pas un simple exposé académique, mais un coup de tonnerre dans le ciel calme de Kabinda. L’image de l’avion « cloué au sol » métaphore des ambitions étouffées révèle une région qui saigne en silence sous le joug du leadership autocratique. Le Syndrome Autoritaire (90%), chiffre frappant comme un marteau sur l’enclume de la gouvernance, personnifie la lourdeur et la lenteur des décisions paralysées par l’inertie. Kabinda et sa province semblent nager dans un brouillard d’opacité, où chaque initiative se noie avant de voir la lumière.
Le DG ISTIA, Senghor NSENGA NSENGA, a dénoncé la politisation des nominations, fossilisant le mérite sous la pierre du favoritisme, tandis que Augustin KITENGIE alias Haut Sommet rappelait que la population, esclave volontaire de ses impôts, reste exclue des décisions. Selon le diagnostic de KYABU, ce Triangle Expertise–Administration critique–Société Civile agit comme un miroir implacable, reflétant l’échec collectif, là où chacun croit masquer ses erreurs derrière des voiles illusoires. La mairie, paradoxe vivant, n’est que la pointe visible d’un iceberg provincial, prête à fondre sous le feu de l’expertise.
Le déséquilibre budgétaire est un cri silencieux : 74,13% pour le fonctionnement, seulement 25,89% pour l’investissement, avec 88,8% des informations financières inaccessibles. La région, dévorant ses propres entrailles, consomme ses ressources au lieu d’investir dans l’avenir. L’opacité n’est plus un détail, mais un oxymore institutionnel, un fantôme sourd et aveugle qui hante chaque décision. Kabinda, comme un navire à la dérive, illustre l’absurdité d’un confort administratif au détriment de la vie citoyenne.
Le diagnostic de KYABU impose un appel à la résurrection : mettre fin à la politisation, réallouer les fonds (45% pour l’investissement), et instaurer un Tableau de Bord Citoyen, véritable lanterne dans la nuit de l’opacité. Cet outil, poids et lumière à la fois, rend les comptes visibles et force la mairie et la province à danser sous l’obligation de transparence, où compétence et éthique ne sont plus des options, mais des armes de survie civique.
L’élite municipale et provinciale ne peut plus ignorer ce diagnostic : chaque immobilisme futur sera interprété comme un aveu muet de culpabilité. Kabinda et la province sont à l’aube d’une tempête ou d’un renouveau. Entre la cage de l’inaction et le vol de la responsabilité, le choix est maintenant palpable. La transformation dépend de leur capacité à désarmer l’inertie, à ouvrir les fenêtres de la transparence et à faire éclore la lumière de l’engagement citoyen.
Ezaboto YOMBUE
